Jessy Razafimandimby

L'incidence au bel étage

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 Jessy Razafimandimby, exhibition view, L’ incidence au bel étage, 2026, LaM — Musée d ’art moderne, d ’ art contemporain et d ’ art brut de Lille Métropole
Jessy Razafimandimby, exhibition view, L’ incidence au bel étage, 2026, LaM — Musée d ’art moderne, d ’ art contemporain et d ’ art brut de Lille Métropole
 Jessy Razafimandimby, Encens-trouble-abîme, 2025, wood, glass, plexiglass, acrylic on canvas, 102 x 44 x 25 cm, unique
Jessy Razafimandimby, Encens-trouble-abîme, 2025, wood, glass, plexiglass, acrylic on canvas, 102 x 44 x 25 cm, unique
Jessy Razafimandimby, exhibition view, L’ incidence au bel étage, 2026, LaM — Musée d ’art moderne, d ’ art contemporain et d ’ art brut de Lille Métropole
Jessy Razafimandimby, exhibition view, L’ incidence au bel étage, 2026, LaM — Musée d ’art moderne, d ’ art contemporain et d ’ art brut de Lille Métropole
Jessy Razafimandimby, exhibition view, L’ incidence au bel étage, 2026, LaM — Mus é e d ’art moderne, d ’ art contemporain et d ’ art brut de Lille Métropole
Jessy Razafimandimby, exhibition view, L’ incidence au bel étage, 2026, LaM — Mus é e d ’art moderne, d ’ art contemporain et d ’ art brut de Lille Métropole
 Jessy Razafimandimby, É clipsez-moi !, 2026, acrylic on canvas, 59 x 46 cm, unique
Jessy Razafimandimby, É clipsez-moi !, 2026, acrylic on canvas, 59 x 46 cm, unique
 Jessy Razafimandimby, exhibition view, L’ incidence au bel étage, 2026, LaM — Mus é e d ’ art moderne, d ’ art contemporain et d ’ art brut de Lille Métropole
Jessy Razafimandimby, exhibition view, L’ incidence au bel étage, 2026, LaM — Mus é e d ’ art moderne, d ’ art contemporain et d ’ art brut de Lille Métropole
Jessy Razafimandimby, Nostalgos 1, 2026, wood, acrylic on wood, 25 x 164 x 40 cm, unique
Jessy Razafimandimby, Nostalgos 1, 2026, wood, acrylic on wood, 25 x 164 x 40 cm, unique
 Jessy Razafimandimby, La nouvelle honn ê tet é, 2026, acrylic paint and dye on wood, 31 x 26.5 x 5 cm, unique
Jessy Razafimandimby, La nouvelle honn ê tet é, 2026, acrylic paint and dye on wood, 31 x 26.5 x 5 cm, unique
 Jessy Razafimandimby, exhibition view, L’ incidence au bel étage, 2026, LaM — Musée d ’ art moderne, d ’ art contemporain et d ’ art brut de Lille Métropole
Jessy Razafimandimby, exhibition view, L’ incidence au bel étage, 2026, LaM — Musée d ’ art moderne, d ’ art contemporain et d ’ art brut de Lille Métropole
Jessy Razafimandimby, exhibition view, L’ incidence au bel étage, 2026, LaM — Musée d ’ art moderne, d ’ art contemporain et d ’ art brut de Lille Métropole
Jessy Razafimandimby, exhibition view, L’ incidence au bel étage, 2026, LaM — Musée d ’ art moderne, d ’ art contemporain et d ’ art brut de Lille Métropole
Jessy Razafimandimby, Love walked in, 2025, acrylic on bed sheet, 46.5 x 38 cm, unique
Jessy Razafimandimby, Love walked in, 2025, acrylic on bed sheet, 46.5 x 38 cm, unique
Jessy Razafimandimby, exhibition view, L’ incidence au bel étage, 2026, LaM — Musée d ’art moderne, d ’ art contemporain et d ’ art brut de Lille Métropole
Jessy Razafimandimby, exhibition view, L’ incidence au bel étage, 2026, LaM — Musée d ’art moderne, d ’ art contemporain et d ’ art brut de Lille Métropole
Jessy Razafimandimby, Décalcomania Constellation (detail), 2026, wood, acrylic on wood, 182 x 60 x 60 cm, unique
Jessy Razafimandimby, Décalcomania Constellation (detail), 2026, wood, acrylic on wood, 182 x 60 x 60 cm, unique
Jessy Razafimandimby, exhibition view, L’ incidence au bel étage, 2026, LaM — Musée d ’ art moderne, d ’ art contemporain et d ’ art brut de Lille Métropole
Jessy Razafimandimby, exhibition view, L’ incidence au bel étage, 2026, LaM — Musée d ’ art moderne, d ’ art contemporain et d ’ art brut de Lille Métropole
 Jessy Razafimandimby, Vif d'autrefois, 2026, acrylic on canvas, found objects, 125 x 100 x 29.5 cm, unique
Jessy Razafimandimby, Vif d'autrefois, 2026, acrylic on canvas, found objects, 125 x 100 x 29.5 cm, unique
Jessy Razafimandimby, Keep off the grass (for my beloved son), 2025, acrylic on bed sheet, 46.5 x 38 cm, unique
Jessy Razafimandimby, Keep off the grass (for my beloved son), 2025, acrylic on bed sheet, 46.5 x 38 cm, unique
Jessy Razafimandimby, exhibition view, L’ incidence au bel étage, 2026, LaM — Musée d ’ art moderne, d ’ art contemporain et d ’ art brut de Lille Métropole
Jessy Razafimandimby, exhibition view, L’ incidence au bel étage, 2026, LaM — Musée d ’ art moderne, d ’ art contemporain et d ’ art brut de Lille Métropole
Jessy Razafimandimby, exhibition view, L’ incidence au bel étage, 2026, LaM — Musée d ’ art moderne, d ’ art contemporain et d ’ art brut de Lille Métropole
Jessy Razafimandimby, exhibition view, L’ incidence au bel étage, 2026, LaM — Musée d ’ art moderne, d ’ art contemporain et d ’ art brut de Lille Métropole
Jessy Razafimandimby, exhibition view, L’ incidence au bel étage, 2026, LaM — Musée d ’ art moderne, d ’ art contemporain et d ’ art brut de Lille Métropole
Jessy Razafimandimby, exhibition view, L’ incidence au bel étage, 2026, LaM — Musée d ’ art moderne, d ’ art contemporain et d ’ art brut de Lille Métropole
 Jessy Razafimandimby, Falling in love, Old Home, 2025, acrylic on bed sheet, wood, 43.5 x 35 x 3 cm, unique
Jessy Razafimandimby, Falling in love, Old Home, 2025, acrylic on bed sheet, wood, 43.5 x 35 x 3 cm, unique
Le LaM inaugure son programme prospectif et innovant, à destination de la jeune création : raw. Conçu comme un laboratoire d’expérimentations, ce programme répond à l’une des missions essentielles du musée, déjà souhaitée par la famille Masurel au moment de la donation qui fonda le LaM : celle de l’accompagnement et de la valorisation de la création la plus actuelle. Imaginé comme un soutien à la production d’œuvres et d’installations inédites, donnant naissance à des expositions monographiques, le programme raw vise à accompagner de jeunes artistes dans la production de projets ambitieux. En s’adressant à celles et ceux qui font l’art aujourd’hui, en les accompagnant dans leurs recherches et explorations, ce programme réaffirme l’engagement du LaM aux côtés des artistes et favorise l’émergence de nouveaux récits, connectés aux mutations esthétiques, sociales et politiques contemporaines. Le musée affirme sa volonté de construire un espace de dialogue ouvert et décloisonné, invitant à penser à la marge, à refuser les hiérarchies imposées et à accueillir les voix contraires. Le LaM défend ainsi la vision du musée comme un lieu vivant, capable de se transformer au contact de pratiques qui le bousculent. Le programme raw est ainsi pensé comme une invitation à l’infiltration critique et à la création d’une zone de friction. Dans une volonté constante de faire circuler les idées et les projets, ce programme mobilise de nombreux acteurs : institutions partenaires, lieux de diffusion, réseaux de production, etc. Cette approche collaborative favorise la co-construction des expositions et leur rayonnement au-delà du territoire, en continuant d’inscrire le LaM dans une logique d’échanges et de mutualisation à l’échelle nationale et internationale. Pour accompagner les expositions de son programme raw, le LaM lance une collection de cahiers de recherche en autoédition, au graphisme signé Juliette Lépineau. Ces publications permettront de faire dialoguer la pratique des artistes avec une partie de leurs références iconographiques et critiques, et de dévoiler les coulisses du projet en donnant à voir les grandes étapes de conception et production des expositions, jusqu’à leur réalisation finale. Invité par le LaM à produire un projet inédit et pensé pour le musée, Jessy Razafimandimby transforme l’espace muséal en intérieur domestique, qu’il peuple de multiples hôtes. À la manière d’un appartement bourgeois dont les codes auraient été discrètement détournés, l’exposition déploie une scénographie familière et pourtant troublante. Les usages et les présences se brouillent, faisant vaciller les frontières qui définissent nos intérieurs, qui séparent les différentes couches sociales et isolent les humains du reste du vivant. En dialogue avec une sélection d’œuvres de l’artiste suisse-américaine Cathy Josefowitz et d'œuvres issues de la collection du musée, notamment dans le champ de l’art brut (pièces d’artistes anonymes, d'Ulrich Bleiker, Geneviève Clément, Christine Deknuydt, Georgine Hu, Lionel, Helene Reimann, Theo Wiesen), Razafimandimby compose un environnement dense et chaleureux, peuplé d’animaux en tous genres. Célébration des relations inter-espèces, ces œuvres témoignent des rencontres et influences qui ont accompagné l'artiste dans la préparation de l'exposition, entre Marseille, Genève et Villeneuve-d'Ascq. Les corps et les images s’y imbriquent sans hiérarchie, dans une proximité parfois étonnante. Entièrement assimilées par l’artiste et intégrées dans son travail, ces œuvres participent à un même bouleversement : celui de l’ordre du « bel étage ». Ces espaces nobles, historiquement associés aux élites, véhiculent un certain nombre d'interrogations : transforment-ils l’espace domestique en machine à domestiquer ? Par la superposition des espaces et la multiplication des hôtes, le bel étage devient une maison-mixte et l'appartement se transforme en une sorte d'organisme vivant où tous peuvent cohabiter. Cette mise en tension de l’espace bourgeois résonne avec la trajectoire de l’artiste, né à Madagascar, où il grandit avant d’arriver en Suisse à l’adolescence. Ces architectures et modes de vie qu'il convoque portent en eux une histoire plus large : l’expérience coloniale et l’importation forcée de formes, de normes, de hiérarchies, qui s’imposent jusqu'à l’intimité des intérieurs. L'exposition agit ainsi comme une forme de pertubation. Peut-elle contaminer les fondements mêmes de cet ordre ? Faire vaciller nos repères en matière de goût, d'élégance et de confort ? Ce renversement se prolonge dans la pratique sculpturale de l’artiste. Prenant des formes variées, parfois proches des figures animales stylisées, ses sculptures sont composées d’éléments de mobiliers chinés, que l'artiste a notamment glanés à la Braderie de Lille en 2025. Décomposés, recomposés ou encore hybridés, ces fragments donnent naissance à de nouveaux « meubles-créatures ». Ce bricolage, qui n’est pas sans rappeler certaines pratiques dans le champ de l’art brut, évoque également une logique de circulation, des objets, des matériaux mais aussi des corps et des histoires. De l'appartement à la rue, du quotidien au musée, d'un territoire à l'autre, les formes se déplacent, se contaminent et se réinventent. Focus thématiques Icône et révélation La peinture de Jessy Razafimandimby procède d’une improvisation. Les premières couches, simples aplats de couleurs, posent un fond abstrait dans lequel émergent des figures fantomatiques. Dans une démarche qu’il peut qualifier de « seconde vue » – c’est-à-dire voir par l’imagination – l’artiste accueille alors la forme présente dans la peinture, transforme la tâche en figure, l’interprète et la révèle. Érotisme de la peinture L’œuvre de Jessy Razafimandimby est traversée par des formes de désir et d’intimité qui naissent par la superposition de couches de peinture sur draps, de corps qui s’entremêlent et fusionnent, dessinant ensemble des récits inaudibles. Comme bien souvent, Eros dialogue avec Thanatos et la peinture de l’artiste véhicule un sentiment d’attente, un silence qui souligne pour lui la fragilité de la vie et, de ce fait, flirte avec la mort. Il s’agit alors de trouver refuge dans l’ombre, d’habiter la nuit, en la métamorphosant. Avec Cathy Josefowitz En préparant son exposition en duo avec Cathy Josefowitz à Halle Nord et son exposition au LaM, Jessy Razafimandimby est entré en relation avec l’œuvre de l’artiste suisse-américaine Cathy Josefowitz (1956-2014). Fasciné par son rapport charnel, chorégraphique et corporel à la peinture, par l’apparente érotisation de ses figures, il s’attache particulièrement à certains sujets iconographiques qu’ils ont en commun, et notamment la figure du chien. Rencontre avec l’art brut La préparation de l’exposition fut l’occasion pour Jessy Razadimandimby de découvrir une partie de la collection du LaM, et notamment certaines œuvres d’art brut qui ont accompagné le développement du projet et se trouvent, pour une partie d’entre elles, intégrées au sein même des sculptures de l’artiste. Ces pièces, figurant principalement des animaux en tous genres, naturalistes ou chimériques, habitent le bel étage et participent au bouleversement des hiérarchies qui y ont cours – on peut notamment penser au renversement de certaines dynamiques d’exclusion et de mise à l’écart. Des humains, des chiens et des relations Les œuvres de Jessy Razafimandimby, peintures et sculptures, proposent bien souvent des formes de relation entre humains et canidés, en symbioses. On peut penser à ces mots de Donna Haraway dans son Manifeste des espèces compagnes : « Ce sont des chiens, membres d’une espèce ayant noué avec les êtres humains des rapports inévitables, historiques, constitutifs et protéiformes. [...] Je voudrais apprendre à raconter cette histoire commune et à hériter des conséquences de la coévultion dans la nature-culture. » Scénographie Pensée comme environnement à part entière, la scénographie confiée à Madeleine Oltra s’inscrit pleinement dans le projet de l’exposition. Diplômée de la Design Academy d’Eindhoven, son travail, qui mêle scénographie, mobilier et objets, a été récompensé par le Grand prix du Jury Design Parade de Toulon en 2022. Conçue en étroite collaboration avec Jessy Razafimandimby, la scénographie propose un dialogue avec un ensemble de références qui leur sont communes. Des espaces intérieurs de Carlo Scarpa ou de Piero Portalupi, au mobilier de Pucci de Rossi et les décors des films One Week (Buster Keaton, 1920), Mon Oncle (Jacques Tati, 1958) et Io Sono l’Amore (Luca Guadanigno, 2009). À la frontière entre espace domestique et décor de théâtre, la scénographie est pensée comme un appartement, librement inspiré de la notion de « Bel étage ». On y retrouve certains codes des intérieurs bourgeois du XXe siècle : une entrée ouvrant sur un vaste vestibule boisé, prolongé par un couloir tamisé desservant différents espaces aux atmosphères variées. Des modules aux formes de mobilier - paravent, bibliothèque - participent à ce langage visuel, suggérant la présence d’hôtes imaginaires. Le bois et le papier peint, édité par Casamance, habillent et structurent l’espace. En faisant cohabiter des éléments neuf, de l’ancien et des matériaux de récupération, la scénographie propose une lecture en strates : « comme des passages successifs au même endroit ». Modulaire et flexible, les œuvres de Jessy Razafimandimby investissent librement l’espace et en transforment la perception. La scénographie de l’exposition bénéficie du soutien de Casamance. Jessy Razafimandimby Né en 1995 à Madagascar, Jessy Razafimandimby vit et travaille à Genève et Marseille. Diplômé de la Haute école d'art et de design de Genève (HEAD) en 2018. Son œuvre englobe la peinture, le dessin, l’installation et la performance. Il est lauréat du Kunstpreis Kiefer Hablitzel 2021 – Swiss Art Awards. Parmi ses expositions individuelles passées, citons Halle Nord (avec Cathy Josefowitz, 2026) ; Hakanto Contemporary, Antananarivo (2024-2025) ; Sans titre, Paris (2024 et 2022) ; Valentin 61, Lausanne (2022) ; Art au Centre, Genève (2021) ; 13 vitrine, Renens (2021) ; Arsenic, Lausanne (2020) ; 1.1., Bâle (2020). Razafimandimby a participé à des expositions collectives à Sadie Coles HQ, Londres (2026) ; Mendes Wood DM, Retranchement (2025) ; Sissi Club, Marseille (2025) ; IMAGE/IMATGE, Orthez (2025) ; C L E A R I N G, New York (2024) ; Dortmunder Kunstverein (2024) ; Tabula Rasa, Pékin (2024) ; Fonds d'Art de la commune de Plan-les-Ouates, HiFlow, Genève (2024) ; KNMA - Kiran Nadar Museum of Art, New Delhi (2023) ; la 6e édition du Dhaka Art Summit, Bangladesh (2023) ; Castle Gallery, Los Angeles (2023) ; Forde, Genève (2023) ; Sans titre, Paris (2024 & 2022) ; June, Berlin (2022) ; Walgreens windows - The Bass Museum of Art, Miami Beach (2021) ; La Biennale Architettura, Venise (2021) ; Urgent Paradise, Lausanne (2021); La Vraie Vie (avec Niels Trannois), Genève (2021); Centre d'Art Contemporain Genève (2021) ; La Becque, La Tour-de-Peilz (2020) ; Limbo Space, Genève (2020) ; WallRiss, Fribourg (2019) ; Alienze, Lausanne (2018). Ses performances ont été présentées au MAH – Musée d'art et d'histoire de Genève dans le cadre du programme de résidence « Masswascut », organisé par Anissa Touati (2024) ; au Centre d'Art Contemporain de Genève (2021) ; au Bad House Performance Festival, Mad House, Helsinki (2021); La Becque, La Tour-de-Peilz (2020) ; Arsenic, Lausanne (2019).
Grégoire Prangé

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